lunedì 29 settembre 2014

1980 - L'enfant clandestin

Le nouveau-né, elle l’enroule
Du papier du journal d’hier
« Qu’il reste un esclave
Ou qu’il devienne roi
Mais que jamais je ne le revoie… »

Il est venu là dans la cuisine
Sa voix forte a franchi l’escalier
Et dans tout le bourg déjà on devine
Hier matin est né un clandestin

Il est venu dans les cuisines
Et tout le bourg le sait déjà
Qu’hier est né comme on le devine
Un enfant que personne n’a vu

« Debout la femme et dites-moi
Qu’avez-vous fait de l’enfant d’hier
L’enfant qui pleurait ce matin dans vos bras
Et que jamais personne ne voit… »

« Laissez entrer dans la foule
Mon enfant qui s’en va loin de moi
Qu’il reste un esclave
Ou qu’il devienne roi
Mais que jamais je ne le revoie… »

Debout la femme vous m’accompagnerez
Dans ce bourg nous irons marcher
Lavez vos mains, cirez vos souliers
Et enlevez-moi ce tablier

Elle a jeté son vieux tablier
Dans le bourg on la voit déjà
Droite et dressée dans une robe taillée
Dans des rideaux de cuisine oubliés…

Les travaux de nuit sont bien monotones
Et parfois elle coiffe sa patronne
Elle pense à la nuit
Quand l’enfant est parti
Sur le fleuve et vers une autre vie…

« Laissez entrer dans la foule
Mon enfant qui s’en va loin de moi
Qu’il reste un esclave
Ou qu’il devienne roi
Mais que jamais je ne le revoie… »

Va Où le vent te mene (1980)


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